La première Porsche de l’Histoire est familière. Vue dans des musées, sur des rassemblements, des rallyes, dans les livres, expositions, j’ai toujours eu une attirance pour ses galbes, ses roues un peu trop rentrées dans la carrosserie si typique des années 50, le bruit du 4 cylindres à plat refroidi par air et son intérieur glamour.
C’est le grand jour, aujourd’hui je vais rencontrer la Porsche 356, star du constructeur de Stuttgart, même si la plus jeune 911 a aujourd’hui tendance à éclipser l’ancienne gloire.

Je me rappelle d’un jour ou un enfant voyant une 356 dit à son père : « regarde papa elle est belle la Coccinelle » ! En effet la parenté est évidente entre les 2 silhouettes. C’est en 1949 que Ferdinand Porsche présente le modèle définitif. Tout naturellement on retrouve de la Coccinelle le moteur en porte-à-faux arrière sur un châssis coque (un premier prototype est présenté en 1947 avec châssis tubulaire et moteur central arrière mais trop cher à produire), le train avant de la VW mais aussi un moteur 4 cylindres à plat refroidi par air modifié de 40 cv. Au fil des années et de nombreuses évolutions la 356 s’éloigne techniquement de sa cousine VW, aussi bien pour les suspensions que les motorisations, direction, boite de vitesse…

La philosophie du créateur de la 356 est de faire une voiture de sport légère, de petit gabarit et relativement accessible.

Le contexte de l’après-guerre explique aussi ces contraintes techniques et budgétaires. La légèreté est pour beaucoup dans les sensations sportives de la 356.

Le modèle que nous découvrons aujourd’hui est une 356 A 1600 de 1957 qui sort tout juste d’une magnifique restauration menée par Rétro-racing. Elle est dotée d’une boite de vitesse Porsche entièrement synchronisée et développe 60 cv, ce qui lui autorise une vitesse de pointe de 160 km/h, grâce aux seulement 800 kg de la bestiole. Les roues à enjoliveur en obus chromé donnent un air encore plus joufflu aux courbes aérodynamiques de cette toute première Porsche.

L’ouverture de la porte confirme un intérieur simple mais cossu. Les sièges en cuir sans aucun maintien latéral sont confortables, le volant est immense, en bakélite ivoire, la planche de bord en tôle peinte est parfaitement lisible ; seul le pédalier décalé vers la droite demande une certaine adaptation. Démarreur à Gauche et le flat four s’ébroue avec un bruit caractéristique qui donne le sourire (si vous ne l’aviez pas déjà). Les commandes sont douces, seul le levier de vitesse au plancher demande un certain tact, les rapports passent bien mais la longueur de la tringlerie ralentit la manœuvre. La voiture décolle comme une ballerine. Ce qui frappe c’est la direction facile en manœuvre et le confort de suspension (les 4 roues indépendantes).

La voiture est ultra maniable et les petites routes sont parfaites pour exploiter la cavalerie suffisante pour de bonnes performances (pour l’époque bien entendu). Moteur arrière oblige la direction s’évanouit un peu avec la vitesse mais reste communicative, sur le sec tout se passe à merveille. Sur le mouillé ou avec un excès d’optimisme attention à la tendance au survirage. La voiture se montre globalement docile, le freinage est correct (4 tambours ici) et on ne se lasse pas de l’admirer.

La 356 est terriblement attachante et esthétique. Cette automobile est un savant mélange d’équilibre, de sobriété et d’ingéniosité.

Ses évolutions et son palmarès en compétition ont forgé la légende Porsche, devenu depuis le premier constructeur mondial de voitures de sport, même si certains modèles s’éloignent de la philosophie initiale.

Rouler en Porsche 356 aujourd’hui

Facile à vivre car bien construite et fiable, l’achat d’une Porsche 356 nécessite en revanche de bien connaître les différents modèles, les évolutions ayant été quasiment continues. Toutes les pièces sont certes chères mais disponibles ; les pièces de Coccinelle sont à oublier. En revanche la carrosserie au nombreux éléments soudés nécessite l’œil d’un expert, toute intervention s’avérant fort couteuse, et la belle fréquentant un peu trop miss rouille. Il est impératif de bien vérifier le bac à batterie à l’avant, les longerons, les passages de roues, les parois de coffre etc… Fabriquée entre 1948 et 1965 à plus de 77 000 exemplaires, le choix est vaste entre les différentes générations (A,B et C) mais aussi les variantes Carrera, cabriolet ou speedster.

En prenant quelques précautions vous ferez le plein de sensations avec cette icône facile à vivre et pleine de charme.

Remerciements : Didier AlbertRétro-racing à Saint-Fiacre.


Porsche 365 PRE-A 1953 SOLIDO 1/18 avec portes et roues directionnelles
Prix constaté : 44,95 €