En 1967 Pontiac sort sa “muscle car” pour prendre sa part du gâteau face à la Ford Mustang et à la Chevrolet Camaro. Ce sera la Pontiac Firebird, dont la version la plus performante est la Trans Am, sortie elle en 1969.

Pour fêter les 10 ans du modèle, la bien nommée finition 10th Anniversary Edition est présentée, et fait office de voiture de sécurité pour la course de Nascar à Daytona, ce qui est très fièrement rappelé avec les stickers « Official Pace Car of the Daytona 500 ».
Ce modèle soigne la déco extérieure avec cette peinture “bi-tons” et l’immanquable « Screaming Chicken » (poulet hurlant…) dessiné en rouge et noir sur le capot. L’intérieur s’habille d’un cuir argenté très disco créé spécifiquement pour cette édition spéciale et le Screaming Chicken est brodé sur les panneaux de portes et la banquette arrière ; la moquette provient de chez Cadillac ainsi que certaines commandes, le tout baigné de lumière grâce aux 2 demi-toits transparents amovibles. Le sport et le luxe pour ce coupé dont la grande portière donne accès à un espace à bord généreux. Il faut dire que la fin des années 70 n’est pas la plus propice pour les sportives, la puissance des moteurs se dégonfle chaque année suite à la crise pétrolière, aux normes antipollution et les assureurs ont stoppé la course à la puissance pour des voitures particulièrement prisées par la jeunesse. Cette sportive est donc d’un gabarit imposant et généreuse en place et confort, malgré ses peintures de guerre. Ainsi le big blog délivre tout juste 200 ch avec une boite automatique 3 rapports. A priori pas de quoi faire rêver l’amateur de sportive mais dans le contexte de l’époque la ligne suggestive et le couple du big blog suffisent, au-delà des performances, à procurer les sensations voulues. Ainsi au démarrage le V8 s’exprime dans un grondement excitant et fait vibrer la prise d’air « hood scoop » qui émerge du long capot. 4 sorties d’échappement se chargent de la musique. Cette “muscle car” spectaculaire est un véritable jouet, et le pilote se retrouve face à une planche de bord en (faux) aluminium bouchonné évocatrice et une instrumentation complète, avec tout l’équipement nécessaire à un voyage confortable, vitres électriques, climatisation, cruise control etc…
Cette version anniversaire dépasse à l’époque les 10 000 dollars, une première pour une Firebird, ce qui ne l’empêche pas de très bien se vendre avec plus de 7 000 exemplaires.

Intérieur - Pontiac Firebird Trans AM 10th Anniversary

Levier de vitesse au plancher sur drive et la voiture décolle facilement grâce au couple du V8. Tout de suite, on est surpris par l’imprécision de la direction et l’approximation des suspensions ; c’est du sport en charentaises ! Ici, ce n’est pas la performance et la pureté de la trajectoire sur circuit qui sont recherchées, tout est dans la sensation, alors on appuie (en ligne droite) et on profite du couple qui fait se lever le capot et suffit pour une bonne montée d’adrénaline. Le résultat est garanti et le plaisir immense ! A condition d’accepter la philosophie du modèle, ce super jouet voyant et un peu kitch remplit complètement son rôle en gratifiant son pilote d’une conduite à sensations plutôt qu’en misant sur la recherche de la performance. Les 4 freins à disques (les poignées de portes vous le rappellent !) ralentissent efficacement l’auto bien assise sur ses larges pneus, à ne pas trop solliciter sur le mouillé vu le couple de l’engin. Le comportement routier et le couple du gros V8 conservent un côté bestial à l’auto, qui joue aussi la partition du populux avec son intérieur confortable aux équipements kitsch. On ne soupçonnait pas une telle polyvalence, idéale pour les balades aujourd’hui et se faire plaisir sans être à la recherche du chrono. Moins idéale sera la consommation bien sur mais c’est un détail…
1979 est la dernière année ou la Trans Am est équipée de ses big block, remplacés par un V8 turbo peu fiable. Ainsi le modèle 79 est considéré comme la dernière année des vrais “muscle cars”.

Merci au Musée pour le prêt de cette très belle auto collection !
Modèle en vente, importé et préparé par Le Musée à Nantes

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